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Prendre sa retraite en France après une carrière au Royaume-Uni

Nous avons accompagné un ressortissant britannique qui souhaitait s’installer en France au moment de son départ à la retraite.

Publié le

La situation

Le client avait constitué différents droits à retraite au Royaume-Uni : une UK State Pension, un régime professionnel à prestations définies (Defined Benefit scheme), un régime à cotisations définies (Defined Contribution scheme) et un Self-Invested Personal Pension (SIPP).

Selon les régimes, ses droits pouvaient être versés sous forme de rente, de capital ou de retraits successifs.

Il souhaitait connaître leur traitement fiscal en France, choisir les modalités de liquidation les plus adaptées et anticiper le revenu net dont il disposerait après son installation.

Notre accompagnement

  1. 01

    Identifier les différents régimes de retraite

    Nous avons établi une vue d’ensemble des droits du client en distinguant la State Pension, les régimes professionnels à prestations ou cotisations définies et le SIPP.

    Nous avons ensuite analysé les caractéristiques de chaque régime : origine des cotisations, avantages fiscaux accordés pendant la phase de constitution, modalités de liquidation et possibilité de percevoir les droits sous forme de rente ou de capital.

    Point d’attention. Les appellations britanniques ne déterminent pas, à elles seules, le traitement fiscal français. Un SIPP, un régime professionnel ou un QROPS doit être qualifié au regard de ses caractéristiques propres.
  2. 02

    Déterminer le pays d’imposition

    Nous avons analysé chaque pension au regard de la convention fiscale conclue entre la France et le Royaume-Uni.

    Les pensions perçues par un résident fiscal de France, y compris la State Pension, sont en principe imposables en France. Des règles particulières s’appliquent toutefois aux pensions versées au titre d’anciennes fonctions publiques.

    Nous avons également identifié les démarches nécessaires pour éviter ou corriger une imposition dans les deux pays.

  3. 03

    Déterminer le régime fiscal applicable en France

    Lorsqu’elles sont qualifiées de pensions de retraite, les sommes versées périodiquement sont soumises au barème progressif de l’impôt sur le revenu, après application de l’abattement de 10 % applicable aux pensions, dans les limites prévues par la loi.

    Les prestations de retraite versées en capital sont également, en principe, imposables selon les règles des pensions. Elles peuvent notamment relever :

    • du barème progressif de l’impôt sur le revenu, avec l’application éventuelle du système du quotient ;
    • sur option et sous certaines conditions, d’un prélèvement forfaitaire de 7,5 %, calculé après un abattement de 10 %.

    L’option pour le prélèvement de 7,5 % suppose notamment que le capital soit versé en une seule fois et que les cotisations versées pendant la constitution des droits aient été déductibles du revenu imposable ou rattachées à un revenu exonéré.

    Point d’attention. Une fraction présentée comme un tax-free lump sum au Royaume-Uni n’est pas automatiquement exonérée en France. Son traitement dépend de la qualification du régime et des conditions dans lesquelles les droits ont été constitués.
  4. 04

    Comparer les modalités de liquidation

    Nous avons comparé une liquidation sous forme de rente, de capital ou de retraits échelonnés en tenant compte :

    • du montant et de la date des versements ;
    • de la résidence fiscale du client au moment de leur perception ;
    • des autres revenus du foyer ;
    • de l’éligibilité éventuelle au prélèvement de 7,5 % ;
    • des prélèvements sociaux susceptibles de s’appliquer.

    Les pensions étrangères peuvent en effet être soumises à la CSG, à la CRDS et à la CASA lorsque le bénéficiaire est fiscalement domicilié en France et relève d’un régime obligatoire français d’assurance maladie.

  5. 05

    Organiser l’installation en France

    Nous avons enfin établi une feuille de route couvrant :

    • la date du changement de résidence fiscale ;
    • l’ordre de liquidation des différents régimes ;
    • les démarches auprès des organismes britanniques ;
    • la première déclaration fiscale française ;
    • la déclaration des comptes et placements conservés au Royaume-Uni.

Le résultat

Le client a obtenu une vue consolidée de ses pensions britanniques et de leur traitement fiscal et social en France.

Il a pu comparer les différentes modalités de liquidation, organiser le calendrier de ses versements et préparer son installation au regard du revenu net attendu, plutôt que du seul montant brut de ses pensions.

Ce cas est inspiré d’un cas traité par le cabinet, au regard du droit et de la jurisprudence en vigueur à la date de l’accompagnement et en fonction de circonstances qui lui sont propres. Il est présenté à titre purement illustratif : il ne constitue pas un conseil et ne préjuge pas du traitement qui pourrait être retenu dans un autre dossier.

Questions

Questions fréquentes

Où mes pensions britanniques seront-elles imposées après mon installation en France ?

Les pensions britanniques, notamment la UK State Pension, les pensions professionnelles et les prestations issues d’un SIPP, sont en principe imposables en France lorsque leur bénéficiaire y est résident fiscal. Une règle différente peut s’appliquer aux pensions rémunérant d’anciennes fonctions publiques, qui demeurent en principe imposables au Royaume-Uni, sous réserve des exceptions prévues par la convention fiscale franco-britannique.

Comment une pension britannique versée régulièrement est-elle imposée en France ?

Lorsqu’elle est qualifiée de pension de retraite, elle est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu après application de l’abattement de 10 % applicable aux pensions, dans les limites prévues chaque année pour l’ensemble du foyer fiscal.

Le tax-free lump sum britannique est-il exonéré en France ?

Pas nécessairement. Le fait qu’un capital soit exonéré au Royaume-Uni ne suffit pas à le rendre exonéré en France. Son traitement dépend notamment de la nature du régime, du caractère déductible ou non des cotisations versées pendant la phase de constitution et des modalités de liquidation. Il est donc préférable d’analyser le régime avant d’exercer une option de sortie en capital.

Comment un capital de retraite britannique est-il imposé en France ?

Lorsqu’il est qualifié de prestation de retraite, le capital est en principe soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Le mécanisme du quotient peut, selon les circonstances, permettre d’atténuer la progressivité de l’impôt. Sur option et sous certaines conditions, un prélèvement forfaitaire de 7,5 %, appliqué après un abattement de 10 %, peut être envisagé conformément à l’article 163 bis du Code général des impôts. Cette option suppose notamment que le versement ne soit pas fractionné et que les cotisations constituant les droits aient été déductibles ou afférentes à un revenu exonéré.

Est-il préférable de percevoir les droits sous forme de rente ou de capital ?

La réponse dépend du régime concerné, du montant du capital, des autres revenus du foyer et de la date de liquidation. La perception d’un capital important au cours d’une seule année peut entraîner une augmentation sensible du taux d’imposition si le prélèvement de 7,5 % n’est pas applicable. Il convient donc de comparer, avant toute décision irrévocable, une rente régulière, un capital unique et, lorsque le régime l’autorise, des retraits échelonnés.

Les pensions britanniques sont-elles soumises aux prélèvements sociaux en France ?

Cela dépend notamment du régime d’assurance maladie auquel le retraité est affilié. Un retraité titulaire d’un formulaire S1 et dont les frais de santé restent à la charge du Royaume-Uni peut ne pas être soumis à la CSG, à la CRDS et à la CASA sur ses pensions. La situation doit être vérifiée au moment de l’installation, en fonction de l’affiliation effective du retraité et de la prise en charge de ses frais de santé.

Réponses à jour au 29 octobre 2026