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La fiscalité des personnes physiques à Monaco

La distinction essentielle repose sur la nationalité. Monaco ne prélève en principe ni impôt sur le revenu des personnes physiques, ni impôt sur la fortune, mais la convention franco-monégasque prévoit un régime particulier pour la plupart des ressortissants français.

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Ressortissant français résidant à Monaco

Impôt sur le revenu

En principe, un ressortissant français qui s’installe à Monaco reste imposable en France sur l’ensemble de ses revenus mondiaux, dans les mêmes conditions que s’il était domicilié en France, conformément à l’article 7-1 de la convention franco-monégasque du 18 mai 1963.

Cela concerne notamment :

  • les salaires et rémunérations ;
  • les dividendes et intérêts ;
  • les plus-values mobilières ;
  • les revenus immobiliers ;
  • les revenus provenant de comptes et placements étrangers.

Le départ à Monaco ne produit donc généralement pas d’effet en matière d’impôt sur le revenu français pour un ressortissant français.

Certaines situations historiques ou familiales échappent toutefois à cette règle, notamment les Français établis à Monaco avant le 13 octobre 1957, ceux nés à Monaco et y ayant constamment résidé, ainsi que quelques situations particulières expressément prévues par les accords franco-monégasques.

En pratique : pour un Français qui s’installe aujourd’hui à Monaco, le principe reste l’imposition en France de ses revenus mondiaux.

Impôt sur la fortune immobilière

Le ressortissant français considéré comme fiscalement domicilié en France demeure, en principe, soumis à l’IFI sur ses actifs immobiliers imposables situés en France et hors de France, lorsque leur valeur nette taxable excède 1,3 million d’euros.

Monaco ne prélève pour sa part aucun impôt sur la fortune.

Exit tax

La doctrine administrative précise que le Français qui transfère son domicile à Monaco tout en demeurant imposable en France en application de la convention n’est pas concerné par l’exit tax du seul fait de ce transfert, puisqu’il continue d’être imposé comme une personne domiciliée en France.

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Ressortissant étranger, non français, résidant réellement à Monaco

Impôt sur le revenu

Une personne de nationalité étrangère qui établit effectivement et réellement sa résidence à Monaco n’est, en principe, soumise à aucun impôt monégasque sur le revenu.

Elle peut toutefois rester imposable dans d’autres États sur certains revenus, par exemple :

  • revenus d’un immeuble situé en France ;
  • rémunération d’une activité exercée en France ;
  • plus-value immobilière française ;
  • dividendes ou autres revenus soumis à une retenue dans leur État de source.

L’absence d’impôt à Monaco ne neutralise donc pas les règles fiscales des États dans lesquels les revenus trouvent leur source.

Impôt sur la fortune immobilière

Un résident monégasque non considéré comme résident fiscal français n’est soumis à l’IFI français qu’à raison de ses biens et droits immobiliers situés en France, détenus directement ou indirectement, si le seuil de 1,3 million d’euros est franchi.

Il n’existe pas d’impôt monégasque sur la fortune.

Exemple : un résident monégasque non français détenant un appartement à Paris peut rester redevable de l’IFI et de l’impôt français sur les revenus ou la plus-value de cet appartement, malgré l’absence d’impôt sur le revenu et sur la fortune à Monaco.
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Donations et successions

Fiscalité monégasque

Les droits monégasques de donation ou de succession concernent les biens situés à Monaco ou qui y ont leur assiette. Les taux de succession indiqués par l’administration monégasque sont notamment de :

  • 0 % entre époux et en ligne directe ;
  • 8 % entre frères et sœurs ;
  • 10 % entre oncles ou tantes et neveux ou nièces ;
  • 13 % entre autres collatéraux ;
  • 16 % entre personnes non parentes.

Articulation avec la France

La France et Monaco ont conclu une convention spécifique en matière de successions le 1er avril 1950. Elle ne couvre pas les donations entre vifs.

Pour les successions entrant dans son champ :

  • les immeubles sont en principe imposables dans l’État où ils sont situés ;
  • les actions, parts sociales et autres biens incorporels sont, en principe, imposables dans l’État du domicile du défunt au sens de la convention ;
  • un ressortissant français n’est considéré comme domicilié à Monaco pour l’application de cette convention successorale que s’il y résidait habituellement depuis au moins cinq ans au jour de son décès.

Pour les donations, il faut appliquer les règles internes françaises et monégasques, faute de couverture par la convention successorale de 1950. La résidence du donateur et du bénéficiaire, leur historique de résidence ainsi que la localisation des biens doivent donc être vérifiés.

À retenir

Français résidant à MonacoAutre nationalité résidant à Monaco
Impôt monégasque sur le revenuAucunAucun
Impôt français sur les revenus mondiauxOui, en principeNon, si la résidence monégasque est réelle
Revenus de source françaiseImposables en France selon les règles françaisesPeuvent rester imposables en France
IFIEn principe, immobilier mondialImmobilier français uniquement
Exit tax au départ de FranceEn principe non, puisque le contribuable reste fiscalement traité comme domicilié en FranceÀ analyser
SuccessionConvention franco-monégasque à analyserConvention à analyser selon sa portée personnelle
DonationPas couverte par la convention successoralePas couverte par la convention successorale
Point de vigilance : dans un couple franco-étranger, chacun peut relever d’un régime fiscal différent. Le conjoint français peut rester imposé en France sur ses revenus mondiaux alors que le conjoint étranger bénéficie du régime monégasque, sous réserve des règles du foyer fiscal et de la réalité de la résidence.

Fiche à vocation informative et synthétique, à jour des principes généraux à sa date de rédaction. Elle ne constitue pas un conseil et ne préjuge pas du traitement applicable à une situation particulière. Pour une analyse personnalisée, vous pouvez nous écrire via le formulaire de contact.